Les soldats inconnus de la Grande Guerre, facteur d’unité nationale & enjeux mémoriels (1920-2020)

Entrée de la Citadelle souterraine de Verdun par l'Écoute n°1. Collection Mémorial de Verdun

Entrée de la Citadelle souterraine de Verdun par l’Écoute n°1. Collection Mémorial de Verdun

Manifestation susceptible d’être annulée en fonction du contexte sanitaire

Le Soldat inconnu, un symbole national mondialisé

Avec Jérôme Dumont
Au lendemain de la Grande Guerre, les pays belligérants sont confrontés à la mort et au deuil de masse. Dans de nombreux pays, est alors mis à l’honneur un Soldat inconnu, initiative marquée par la volonté d’incarner en une seule entité le sort partagé par des centaines de milliers d’hommes, à jamais disparus, sur les champs de bataille. Il s’agit de renforcer la cohésion sociale mise à mal par le conflit, autour de ses disparus, et le Soldat inconnu devient un lieu de mémoire national que souligne le choix des lieux d’inhumation : un cimetière militaire national pour les États-Unis, le lieu des sépultures royales de l’Église anglicane pour la Grande Bretagne, ou encore l’Arc de Triomphe, héritage de la Révolution française pour la France. Néanmoins, le temps des commémorations s’échelonne différemment selon les pays. Les choix de ce symbole national ont fait l’objet d’importants débats politiques et rivalités mémorielles dans chacun des États.


Le Soldat inconnu français, des déchirements politiques à l’icône nationale

Avec Franck Meyer
En 1918, la France compte 1,4 million de morts, environ 350 000 sont des disparus, et environ 300 000 n’ont pu être identifiés. Le deuil est partout, mais pour les familles qui n’ont pas de tombe devant laquelle se recueillir, ce deuil est impossible. Même si l’idée d’inhumer un soldat anonyme, offert à la reconnaissance nationale, apparaît en France dès 1916, quand arrive la fin de la guerre rien n’est décidé et de profonds désaccords surgissent. Faut-il inhumer ce Soldat inconnu au Panthéon ou à l’Arc de Triomphe ? Faut-il combiner cette cérémonie avec le dépôt du cœur de Léon Gambetta au Panthéon pour les cinquante ans de la IIIe République ? Opinion publique sous influence de la presse et hommes politiques de droite et de gauche se déchirent. Ces questions méritent aujourd’hui d’être remises au jour, en suivant la dépouille sacrée, venue d’un cimetière anonyme jusqu’aux voûtes sombres de la citadelle de Verdun, puis à la lumière de l’Arc de Triomphe.


Jérôme Dumont. Droits réservés.

Jérôme Dumont est directeur opérationnel d’un organisme de formation (le Greta Lorraine Ouest). Auparavant, il était enseignant de lettres-histoire et chargé de mission au Service éducatif du Mémorial de Verdun pendant 10 ans. Il est également membre du Conseil d’Administration et du Comité d’orientation Scientifique de l’EPCC Mémorial de Verdun – Champ de Bataille. Sous la direction de François Cochet et de l’université de Lorraine, il a participé aux différents MOOCs consacrés à la bataille de Verdun, dont il est l’un des instigateurs. Avec Nicolas Czubak, Jérôme Dumont est l’auteur de l’ouvrage Verdun 1916-2016: 300 jours 300 tweets (Dacres éditions, 2016), paru pour le centenaire de la bataille de Verdun. Depuis 2015, il est Conseiller Départemental de la Meuse, sur le canton de Verdun 2, plus particulièrement en charge du numérique et de la jeunesse.


Franck Meyer portrait - MOOC

Franck Meyer est professeur d’histoire-géographie au Lycée Margueritte à Verdun et membre du Conseil d’orientation scientifique de l’EPCC Mémorial de Verdun-Champ de bataille. Il a participé à la réalisation des MOOCs 1, 2 et 3, créés par le Mémorial de Verdun dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, en partenariat avec l’université de Lorraine. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages autour de la bataille de Verdun : Verdun, des ravages à la Renaissance, volume 1 : Le temps des ruines (1915-1919), volume 2 : Le Verdun nouveau (1919-1919) (Éditions Connaissance de la Meuse) ; Vadelaincourt (1914-1918), un village hôpital de l’arrière-front de Verdun (Éditions Association 14-18 Meuse), Les terres mortes, la mission photographique de l’Armée en Meuse en 1919 (Éditions Association 14-18 Meuse), Le fort de Douaumont (Ysec éditions), Le fort de Vaux (Ysec éditions), La Voie sacrée (Ysec éditions) et La Place de Verdun (Ysec éditions).


TARIF

En accès libre, dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée, via le formulaire ci-contre.

Dans la continuité de cet événement, le ciné-débat «Les images animées : une mémoire visuelle pour des soldats inconnus» aura lieu à 16h30 avec Laurent Véray le samedi 7 novembre 2020. Retrouvez toutes les informations en cliquant ici : ciné-débat « Les images animées : une mémoire visuelle pour des soldats inconnus »


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