Les troupes de l’Empire colonial français engagées dans la reprise du fort de Douaumont

Revue des tirailleurs sénégalais par le Président Poincaré et le Général Mangin. Le Président et le Général passent sur le front des troupes. Près de Fismes, 2 avril 1917 © Collection Mémorial de Verdun

Revue des tirailleurs sénégalais par le Président Poincaré et le Général Mangin. Le Président et le Général passent sur le front des troupes. Près de Fismes, 2 avril 1917 © Collection Mémorial de Verdun

Avec Jeanne-Marie Amat-Roze, géographe et professeur émérite des Universités
Lundi 24 octobre 2022 – 18h
GRATUIT, réservation conseillée via le formulaire
Accessible en direct depuis la page Facebook du Mémorial de Verdun


Sur la plaque commémorative scellée à l’entrée du fort de Douaumont, il est écrit : « Le 24 octobre 1916, le régiment d’infanterie coloniale du Maroc renforcé du 43e bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis […] a inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant dans un assaut irrésistible du fort de Douaumont et en conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi. »

La conférence s’articulera en deux temps. Elle rappellera l’engagement des 700 000 hommes de l’Empire colonial français dans la Grande Guerre et, à l’échelle de la bataille de Verdun, se focalisera sur la reprise du fort de Douaumont en octobre 1916 : forces en présence, déroulement, pertes et conséquences. Elle appréhendera ensuite la construction de leur mémoire sur le champ de bataille et répondra à la question : quelles sont les clefs de lecture dans les paysages actuels du champ de bataille de Verdun de l’engagement des troupes d’outre-mer mobilisées pour la reprise du fort ?

Biographie

Jeanne-Marie Amat-Roze © Droits réservés

Jeanne-Marie Amat-Roze © Droits réservés

Jeanne-Marie Amat-Roze est géographe, agrégée de l’université, docteur en géographie de la Sorbonne, professeur des universités émérite. Ses travaux universitaires ont porté sur les disparités socio-spatiales de santé des populations humaines dans les pays en développement, spécialement en Afrique subsaharienne, et la conduisirent à l’Académie nationale des sciences d’outre-mer. Elle présida cette institution en 2013 au moment où se profilaient les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Sa famille, profondément enracinée en Argonne devint parisienne après la guerre tout en restant très attachée au pays des ancêtres.
Les deux trajectoires de vie de Jeanne-Marie Amat-Roze, celle des mondes en développement à l’université et à l’Académie des sciences d’outre-mer, et celles familiales meusiennes convergèrent pour le centenaire de la Grande Guerre. Rendre hommage aux soldats de l’Empire colonial français fut pour elle une évidence. À l’Académie des sciences d’outre-mer, elle initia et dirigea un programme quinquennal de recherche sur la contribution de l’Empire et l’engagement de ses hommes qui traversèrent les mers pour défendre la France, pour lequel elle réunit quarante-huit auteurs. Le résultat est un ouvrage original, d’une approche pluridisciplinaire inédite, associant historiens, militaires, médecins, économistes, conservateurs, qui aborde une pluralité d’aspects, historique, militaire mais aussi économique, sanitaire, social, artistique et mémoriel. En géographe, elle y propose cinq itinéraires qui fixent et éclairent les traces actuelles de l’engagement des hommes de l’Empire. L’un d’eux est consacré au champ de bataille de Verdun.