Maurice Maréchal, violoncelliste, agent de liaison et brancardier à Verdun

Le violoncelliste Maurice Maréchal (à gauche) et le violoniste Luc Durosoir (à droite)

Le violoncelliste Maurice Maréchal (à gauche) et le violoniste Luc Durosoir (à droite)

Lors de cette journée thématique, le Mémorial de Verdun vous propose de découvrir le parcours au front, les écrits et l’œuvre musicale de Maurice Maréchal, musicien dans la Grande Guerre. Parcours historique, conférence, cinéma, visite guidée du Mémorial et concert sont au programme de cette journée thématique.

Programme

9h00-12h30 : Parcours historique

Maurice Maréchal, agent de liaison et brancardier, du fort de Souville au ravin de la Caillette

Avec Nicolas Czubak

Maurice Maréchal fut l’un des plus grands solistes français du XXe siècle, mondialement reconnu notamment lors de ses tournées en Europe, en Amérique et en Asie durant l’Entre-deux-Guerres. Alors qu’il accomplit son service militaire en août 1914, il est mobilisé dans les rangs du 274e RI, régiment de réserve formé à Rouen. Le violoncelliste est durement marqué par les années de feu, en tant qu’agent de liaison, brancardier et infirmier. En février 1916, il intègre un quatuor formé par le violoniste Lucien Durosoir, formation créée à l’insistance de son colonel, puis mise au service du général Mangin. En avril 1916, son régiment se retrouve dans l’enfer de Verdun. Le jeune homme de 23 ans est alors agent de liaison et brancardier.

Lors de cette journée thématique, le Mémorial de Verdun vous propose de découvrir le parcours au front, les écrits et l’oeuvre de Maurice Maréchal, musicien dans la Grande Guerre. Nicolas Czubak, du Service éducatif du Mémorial, vous mènera dans les pas de l’agent de liaison, du fort de Souville au ravin de la Caillette en contrebas du fort de Douaumont.

14h00 : Conférence

Carnets et lettres de deux musiciens dans la Grande Guerre : Maurice Maréchal et Lucien Durosoir

Le Quatuor du 129e, Maurice Maréchal, Lucien Durosoir, Henri Lemoine, André Caplet, Henri Magne, décembre 1916 © Mémorial de Verdun

Le Quatuor du 129e, Maurice Maréchal, Lucien Durosoir, Henri Lemoine, André Caplet, Henri Magne, décembre 1916 © Mémorial de Verdun

Rencontre avec Luc Durosoir, fils de Lucien Durosoir, violoniste et compositeur de la première moitié du XXème siècle.

« Maréchal comme Durosoir n’étaient pas seulement des virtuoses […]. Ils auraient pu aussi bien être poètes, peintres ou écrivains. Ils ont l’âme à fleur de peau, et c’est tout l’intérêt des lettres de Durosoir à sa mère comme celui des carnets intimes de Maréchal… »

Jean-Pierre Guéno, Préface de Deux musiciens dans la Grande Guerre, de Luc Durosoir, éditions Tallandier (2005)

Comme de nombreux soldats pendant la Grande Guerre, ils relatèrent leur quotidien au front par écrit, dans des lettres et des carnets, qui constituent de précieux témoignages littéraires aujourd’hui. Les neuf carnets intimes de Maurice Maréchal sont actuellement conservés à la Bibliothèque nationale de France. Rassemblés avec des lettres de Lucien Durosoir, ils sont parus en 2005 dans l’ouvrage de Luc Durosoir intitulé Deux musiciens dans la Grande Guerre. Luc Durosoir confrontera leurs écrits pour évoquer leur expérience singulière de musicien dans la guerre.

15h00 : Cinéma Le violoncelle des tranchées

(2012) Réalisé par Christian Leblé. Production : Cinétévé

À travers un concert-lecture donné par la violoncelliste Emmanuelle Bertrand et le comédien Didier Sandre à la Cité de la Musique, ce film évoque le parcours de Maurice Maréchal, et raconte l’histoire de son étrange violoncelle cubiste, le « Poilu ». Ce violoncelle fut fabriqué en juin 1915 à partir de bois de caisses de munitions allemandes et de morceaux de porte en chêne par deux soldats, Neyen et Plicque, menuisiers dans le civil, pour Maurice Maréchal alors qu’il était jeune soldat. Maurice Maréchal fit la connaissance sur le front d’autres musiciens, Gustave Cloëz, le violoniste Lucien Durosoir, le pianiste Magne, le compositeur André Caplet et Henri Lemoine. A plusieurs reprises, ils eurent l’occasion de se produire devant l’état-major. Joffre, Mangin et Pétain apposèrent ainsi leur signature sur la table de cet instrument de fortune. Lorsque le régiment se déplaçait pour aller au front, l’instrument voyageait dans le fourgon de ravitaillement, au-dessus des boîtes de conserve. Il est ainsi amené deux fois à Verdun.


16h15-17h45 : Visite guidée du Mémorial de Verdun

Maurice Maréchal, agent de liaison, brancardier et musicien à travers les collections du Mémorial de Verdun

Par Nicolas Czubak


18h00 : Concert Hommage à Maurice Maréchal

Avec Alain Meunier (violoncelle) et Anne Le Bozec (piano)

Élève de Maurice Maréchal, combattant à Verdun et grande figure du violoncelle français, le violoncelliste Alain Meunier en duo avec la pianiste Anne Le Bozec, rend hommage à son professeur dans un programme émouvant.

En partenariat avec les Éditions Hortus


Nicolas Czubak © Droits réservés

Nicolas Czubak © Droits réservés

Nicolas Czubak, est professeur d’histoire-géographie, détaché au Service éducatif du Mémorial de Verdun, et membre du Conseil d’orientation scientifique de l’EPCC Mémorial de Verdun – Champ de bataille. Membre de plusieurs associations mettant en valeur l’histoire et le patrimoine de la Grande Guerre et guide-conférencier sur plusieurs sites de la Première Guerre mondiale, il est l’auteur d’une série d’ouvrages portant sur la Grande Guerre dont Bis zum Ende, Jusqu’au bout. Août-septembre 1914 : la Lorraine bascule dans la guerre, Éditions Serpenoise, 2013 (ouvrage co-écrit avec Kévin Goeuriot) (Prix Sergent Maginot en 2014), Les Éparges – Die Combres-Höhe (1914-1918), Français et Allemands face à face sur les Hauts de Meuse, Dacres éditions, 2014 (ouvrage co-écrit avec Pascal Lejeune) (Sélection Bourse Histoire Prix Erckmann-Chatrian en 2015), Bloqués dans l’enfer de Meuse-Argonne. Septembre-octobre 1918 : les Américains arrêtés au nord-ouest de Verdun, Ysec éditions, 2018 (ouvrage co-écrit avec Yves Buffetaut).


Luc Durosoir. © Droits réservés

Luc Durosoir. © Droits réservés

C’est le devoir de mémoire familial – et non une carrière d’historien – qui a conduit Luc Durosoir à s’intéresser à la Grande Guerre. Médecin biologiste et épidémiologiste, il a dirigé, pendant plusieurs décennies, le réseau international des Instituts Pasteur. Il a attendu de nombreuses années le moment où il pourrait se consacrer à l’exploration du patrimoine laissé par son père, ses lettres de guerre et ses œuvres musicales. Depuis 2001, il approfondit la problématique des artistes musiciens en guerre et participe à des actions culturelles tournées vers des objectifs mémoriels. Il se consacre à la valorisation de l’œuvre de son père Lucien Durosoir (1878-1955), violoniste et compositeur qui ne fit jamais éditer sa musique. Il publie en 2005, chez Tallandier, une sélection des lettres de guerre de l’artiste à sa mère et les carnets de guerre du violoncelliste Maurice Maréchal ; cette parution a permis de sensibiliser des spécialistes d’histoire et d’histoire culturelle à la problématique des musiciens dans la guerre, restée jusqu’alors terrain en friche. Parallèlement, Luc Durosoir participe à la diffusion éditoriale et phonographique de la musique de Lucien Durosoir (40 opus), œuvre qui porte, jusque dans ses années les plus tardives, la marque profonde et douloureuse de l’expérience de guerre.


Alain Meunier. © David Santini

Alain Meunier. © David Santini

Élève du grand violoncelliste Maurice Maréchal, Alain Meunier a fait toutes ses études musicales à Paris, sa ville natale. Titulaire de diplômes variés du Conservatoire de Paris, il devait par la suite mener une carrière aussi contrastée qu’atypique. D’Alcan à Zafred en passant par Bach, Beethoven, Xenakis ou Yung, son parcours musical est fait de rencontres avec tous les répertoires, avec des musiciens merveilleux… Métropoles ici ou là et villages perdus ne sont que les étapes convenues d’un itinérant par nécessité. Alain Meunier est Directeur Artistique de la Scuola di Musica di Fiesole (Italie) et co-directeur du festival Quatuors à Bordeaux (Festival de musique & Concours de Quatuors à cordes). Selon ses propres mots, rendre aujourd’hui hommage à son estimé professeur, Maurice Maréchal, « c’est tenter de prendre en compte ce qui, à mon souvenir, le dit le mieux : un immense amour du violoncelle et de la somptuosité de sa sonorité ; un goût de vivre son temps musical ; et un sens profond de l’amitié. »


Anne Le Bozec. © Caroline Doutre

Anne Le Bozec. © Caroline Doutre

Titulaire de trois Premiers Prix en piano, musique de chambre et accompagnement vocal au Conservatoire Supérieur de Paris ainsi que du très convoité Konzertexamen de Lied à Karlsruhe, lauréate de nombreux concours internationaux, Anne Le Bozec a côtoyé lors de ses études nombre d’artistes à l’influence décisive : Hartmut Höll, Theodor Paraskivesco, Leonard Hokanson, Tabea Zimmermann, Gundula Janowitz, Dietrich Fischer-Dieskau. Elle est sur scène avec les chanteurs Marc Mauillon, Sabine Devieilhe, Isabelle Druet, SunHae Im, Christian Immler, Didier Henry, la violoniste Olivia Hughes, la flûtiste Sandrine Tilly, le violoncelliste Alain Meunier, des salles les plus intimes aux hauts lieux de musique les plus prestigieux… Ses disques dédiés au Lied (Schubert, Wolf, Duparc, Szymanowski, Chopin, Brahms) et à la musique de chambre (dont l’intégrale des sonates cello/piano de Beethoven avec Alain Meunier) ont fait l’objet de critiques enthousiastes. Elle est actuellement professeur d’accompagnement vocal au CNSMD de Paris, elle a dirigé pendant cinq ans, l’unique classe allemande de mélodie française, à la Hochschule de Karlsruhe.

Alain Meunier et Anne Le Bozec sont tous deux directeurs artistiques des Fêtes Musicales de l’Aubrac.


Tarif

Parcours historique : TARIF 5 €
Conférence, cinéma, visite, concert : ENTRÉE GRATUITE
Réservation conseillée, via le formulaire ci-contre