Martyriums modernes. Genèse et réalisation de l’Ossuaire de Douaumont

Dessin du cloître de l’Ossuaire de Douaumont et des alévoles des tombeaux. Projet architectural de Léon Azéma, Jacques Hardy et Max Edrei. © Mémorial de Verdun

Dessin du cloître de l’Ossuaire de Douaumont et des alévoles des tombeaux. Projet architectural de Léon Azéma, Jacques Hardy et Max Edrei. © Mémorial de Verdun

Évènement proposé dans le cadre de l’exposition-dossier La création de l’Ossuaire de Douaumont  (1919-1932).
Monumentaliser le deuil
de masse (30 mars-28 mai 2019)

Lancé à partir de 1919, le projet d’érection d’un ossuaire destiné aux soldats tombés sur le champ de bataille à Verdun a suscité de nombreux projets architecturaux caractéristiques des enjeux symboliques et fonctionnels de la période : quelle architecture funéraire à l’heure de la mort de masse et de la reconnaissance des vivants ? Dans un contexte marqué par une intense production monumentale et commémorative à la suite de la Première Guerre mondiale, les premières idées de sanctuaires et la réflexion sur le programme de l’Ossuaire de Douaumont contribuent à l’évolution du projet, initialement conçu comme une « basilique des morts », transformé en un vaste complexe funéraire à vocation nationale, qui serait à la fois « un tombeau, un mausolée, un temple sacré ». Le concours architectural organisé en 1922 reflète cette volonté de sacralisation et d’héroïsation des soldats par la pierre et, par extension, de la terre sacrée qui renferme leurs dépouilles. Le projet lauréat, réalisé d’après les plans des architectes Léon Azéma (1888-1978), Jacques Hardy (1889- 1974) et Max Edrei (1889-1972) entre 1924 et 1932, synthétise ces aspirations. Les références aux formes les plus anciennes de l’architecture funéraire, à la fois celle des premiers chrétiens, de l’architecture romane autant que de la monumentalité égyptienne, conjuguées à une recherche d’expressivité, transfigurent l’Ossuaire de Douaumont en un martyrium moderne.


Stéphanie Quantin-Biancalani © Droits réservés

Stéphanie Quantin-Biancalani © Droits réservés

Titulaire d’une licence d’anglais, d’un master 2 en histoire de l’architecture et d’un diplôme de l’École du Louvre, Stéphanie Quantin-Biancalani est conservateur du patrimoine, diplômée de l’Institut national du patrimoine depuis 2011. De 2011 à 2014, elle a exercé en tant que conservateur des monuments historiques et référente pour le label Patrimoine du XXe siècle au sein de la Direction régionale des affaires culturelles de Lorraine. En 2014, elle a rejoint, en qualité de pensionnaire pour le domaine Histoire de l’architecture, le département des études et de la recherche au sein de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA). Depuis 2016, elle est responsable de la collection d’architecture moderne et contemporaine au sein du musée des Monuments français, à la Cité de l’architecture & du patrimoine. Elle a aussi été chargée du cours organique d’histoire de l’architecture à l’École du Louvre (2016-2017) et a été membre de la Commission nationale des monuments historiques (deuxième section). Ses recherches portent sur le patrimoine, ainsi que sur l’histoire de l’architecture des XIXe et XXe siècles. À ce titre, elle a contribué à l’ouvrage collectif L’Ossuaire de Douaumont. Cathédrale de la Grande Guerre paru en 2015.


Autour de l’exposition

  • Vendredi 29 mars à 18H : CONFÉRENCE / Monseigneur Ginisty et les fondateurs de l’Ossuaire de Douaumont, avec Nicolas Czubak et Michaël George
  • Samedi 30 mars – Mardi 28 mai 2019 : EXPOSITION-DOSSIER & WEB DOCUMENTAIRE / La création de l’Ossuaire de Douaumont (1919-1932). Monumentaliser le deuil de masse.
  • Mardi 9 avril  à 18H : CONFÉRENCE / Le souvenir de la Première Guerre mondiale à travers les monuments commémoratifs : l’exemple du sud meusien, avec Mickaël Mathieu
  • Dimanche 19 mai à 17H : CONCERT / In memoriam Monseigneur Ginisty, avec l’Ensemble Double Expression : Sonia Sempere (soprano), Véronique Vermeeren (violon), Emmanuel Pélaprat (harmonimum Mustel 1898)

Tarif

En accès libre, dans la limite des places disponibles.
Réservation conseillée, via le formulaire ci-contre.

En partenariat avec la Fondation de l’Ossuaire de Douaumont

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